Une initiative minière responsable d’origine canadienne répond à la demande mondiale en matière de transparence de la chaîne d’approvisionnement

L’initiative Vers le développement minier durable de l’Association minière du Canada, adoptée par six pays, et ce n’est que le début, évolue pour répondre aux exigences des fabricants et a déjà été adoptée par plus de six pays

Les fabricants, en particulier dans les secteurs de la technologie et de l’automobile, subissent de plus en plus de pressions de la part de leurs clients pour démontrer que leurs produits sont fabriqués avec des matériaux d’origine responsable. Des chaînes d’approvisionnement transparentes qui retracent l’origine des matériaux et les pratiques utilisées pour les produire sont attendues par les actionnaires et le public. Or, contrairement à des programmes similaires qui prennent de l’ampleur dans d’autres secteurs, comme le mouvement social de la ferme à la table dans le secteur des aliments et des boissons, le traçage des centaines de métaux et de minéraux nécessaires pour fabriquer une voiture ou un téléphone intelligent est beaucoup plus complexe que celui des composantes du steak, transformés de la vache à l’assiette.

Une initiative locale apparaît comme une solution à ce défi mondial. Des entreprises manufacturières comme Apple Inc. ont récemment découvert un programme créé au Canada, qui pourrait fournir l’assurance qu’elles recherchent. L’initiative Vers le développement minier durable (VDMD) de l’Association minière du Canada (AMC) est un programme de responsabilisation certifié à l’externe, qui suit la performance sociale et environnementale des exploitations minières canadiennes depuis près de 15 ans.

Intérêt international

Le président et chef de la direction actuel de l’AMC, Pierre Gratton, a été chargé de créer et de mettre en œuvre l’initiative VDMD à la fin des années 1990, lorsqu’il s’est joint à l’AMC en tant que vice-président des affaires publiques. Maintenant, en mars 2018, l’initiative VDMD a été adoptée non seulement au Canada par les compagnies membres de l’AMC et de l’Association minière du Québec, mais aussi par cinq autres chambres des mines du monde entier.

« La Finlande a été la première, a déclaré M. Gratton. Son gouvernement a mené un projet avec le secteur minier et les parties prenantes qui a duré quelques années. Ils ont fait un exercice semblable à celui que nous avons fait au début des années 2000, et ont commencé à chercher une initiative responsable ou une approche de développement durable pour leur pays. Ils ont passé du temps avec l’AMC et, en fin de compte, ils ont décidé que l’initiative VDMD était celle qui avait le plus de sens. Alors, ils ont demandé s’ils pouvaient reprendre notre programme et l’appliquer là-bas. »

La Finlande a adopté l’initiative VDMD en 2016. L’année suivante, l’Argentine, le Botswana et les Philippines ont apposé leur signature et, en mars 2018, l’AMC a signé un accord VDMD avec l’Espagne. Après la signature d’un accord, chaque pays dispose de cinq ans pour apporter les modifications nécessaires à l’utilisation de l’étiquette VDMD.

« Nous sommes également en discussion avec l’Équateur, la Mongolie, l’Afrique du Sud, la Colombie, le Brésil et Madagascar. Il y a beaucoup d’intérêt de la part d’autres pays, a déclaré M. Gratton. Je ne sais pas ce qui se passera dans chacun de ces cas, mais nous recevons certainement beaucoup d’appels. Le fait que nous sommes considérés comme les créateurs de quelque chose d’avant-garde reflète bien sur l’industrie canadienne et tout le Canada. »

Ce que fait l’initiative VDMD

L’initiative VDMD est un système de performance qui se concentre sur six domaines opérationnels : Relations avec les Autochtones et les collectivités, Planification de la gestion des crises, Santé et sécurité, Gestion de la conservation de la biodiversité, Gestion des résidus miniers et Utilisation de l’énergie et gestion des émissions de gaz à effet de serre. Les sites miniers participants et les installations sont évalués en fonction d’indicateurs de rendement dans ces catégories et reçoivent une note de niveau C à niveau AAA.

« Nous ne rendons pas les choses faciles, déclare M. Gratton. Nous avons signalé beaucoup de C et de B au début et avoué au public que nos sites ne fonctionnaient pas selon ce que nous considérions nous-mêmes comme de bonnes pratiques. Je pense que cela nous a immédiatement donné de la crédibilité. Ce n’était pas de l’écoblanchiment. »

L’initiative VDMD continue de prendre de l’ampleur au Canada. L’AMC a constaté que le nombre de ses membres a augmenté au cours des dernières années après avoir rendu obligatoire la participation à l’initiative VDMD pour tous les membres. Toutefois, avec l’adoption internationale du programme, l’AMC a commencé à examiner le langage, les domaines opérationnels et les indicateurs de performance qui pourraient susciter un plus grand intérêt à l’échelle mondiale.

« En juin 2017, nous avons ajouté Prévention du travail des enfants et du travail forcé pour répondre aux pressions des secteurs de la fabrication et de l’automobile afin de démontrer clairement que l’initiative VDMD répond aux problèmes qui les préoccupent », a expliqué M. Gratton. L’AMC élabore également des indicateurs de gestion de l’eau qui seront mis en œuvre d’ici la fin de 2018.

« Si Apple insiste pour acheter seulement des produits de mines d’origine responsable, le Canada est probablement l’un des meilleurs endroits où cette entreprise peut aller chercher le cuivre, le nickel et l’or dont elle a besoin, a affirmé M. Gratton. Au Canada, vous pouvez obtenir tous les différents éléments qui sont utilisés dans la fabrication de iPhone et de iPad et vous sentir très bien quant à la façon dont ils ont été minés. »
Cependant, le Canada a encore du travail à faire. L’AMC est préoccupée par la perte de terrain du Canada en tant que chef de file mondial de l’industrie minière. Au cours des dernières années, le Canada a été surpassé par l’Australie en tant qu’autorité principale mondiale en matière d’investissement dans l’exploration minérale, selon M. Gratton, ce qui l’a fait chuter au troisième rang derrière l’Australie et les États-Unis en ce qui a trait au nombre d’entreprises d’approvisionnement et de services liés à l’industrie minière sur leur territoire.

« Nous sommes préoccupés par ces tendances, a dit M. Gratton. Il y a eu une baisse des nouveaux investissements au Canada et cela doit être renversé. Qu’il s’agisse d’un système de réglementation incroyablement complexe et chronophage ou des lacunes dans les infrastructures du nord, où il y a encore beaucoup de potentiel, ou le coût de l’énergie ou du transport, il y a plusieurs facteurs qui compromettent la compétitivité du Canada, et je pense que nous avons besoin de comprendre l’enjeu de ces facteurs. »

« Avec notre système de réglementation et l’initiative VDMD, il n’y a pas de meilleur endroit au monde pour faire de l’exploitation minière, a déclaré M. Gratton. Nous devons nous assurer que cela continue à être fait ici, parce que vous ne pouvez pas le faire de manière plus responsable nulle part ailleurs dans le monde. »

Même si M. Gratton et l’AMC ont un lien plus direct avec le gouvernement, tous les Canadiens et Canadiennes sont invités à partager leurs réflexions sur le secteur minier canadien par l’entremise du Plan canadien pour les minéraux et les métaux, instauré à la Conférence des ministres de l’Énergie et des Mines en août dernier. Visitez https://www.minescanada.ca/fr pour faire connaître votre opinion.


Pour connaître d’autres faits intéressants sur les mines et les minéraux, consultez la page Informations sur l’industrie minière.