Nous embauchons : Plus de 100 000 travailleurs sont recherchés pour soutenir l'industrie minière moderne du Canada

Une conversation avec Ryan Montpellier, directeur général du Conseil des ressources humaines de l'industrie minière (RHIM).

Le secteur minier du Canada fait face à une bataille difficile. Presque la moitié des effectifs actuels a plus de 45 ans et 60 000 personnes prendront leur retraite au cours de la prochaine décennie. Un autre lot de 25 000 à 30 000 personnes abandonnera pour d'autres raisons. En conséquence, près de 100 000 nouveaux travailleurs seront nécessaires au cours des dix prochaines années pour répondre aux besoins du secteur en matière d'offre de main-d'œuvre.

Prospection géologique à Amaruq

Ryan Montpellier, directeur général du Conseil des ressources humaines de l'industrie minière du Canada (RHiM), cerne et relève les défis en matière de ressources humaines et de marché du travail dans l'industrie minière canadienne depuis plus de 10 ans. Il dirige une équipe de spécialistes au RHiM qui mènent des recherches et créent des outils et des programmes pour soutenir l'industrie minière et aider les entreprises à attirer et à conserver des travailleurs dans ce secteur.

« Ce n'est plus un secteur dominé par l'homme blanc qui fonctionne par la force brute », dit Montpellier, « Les gens qui travailleront dans les mines dans dix ans d'ici vont nous sembler bien différents. Le secteur minier a évolué et continue d'évoluer. Le matériel est opéré de la surface ou à distance, ou automatiquement. Ces choses vont être la clé pour nous permettre d'attirer des effectifs plus diversifiés. »

La technologie, la diversité et l'inclusion sont des facteurs dominants qui formeront la prochaine génération de travailleurs dans le secteur minier, une industrie traditionnellement axée sur l'embauche d'hommes jeunes. Les femmes, les immigrants et les peuples autochtones sont extrêmement sous-représentés dans le secteur. Les femmes, par exemple, représentent environ 49 pour cent de la force de travail canadienne, mais seulement 17 pour cent des effectifs miniers. Les personnes plus jeunes et les nouveaux Canadiens ont tendance à préférer les zones urbaines et sont moins exposés aux emplois miniers des régions rurales. Les idées fausses, les traditions dépassées, les préjugés inconscients, la population du Canada et la nature éloignée de l'activité minière se combinent pour créer un bassin de travail bien peu profond dans lequel peuvent puiser les entreprises minières.

La technologie n'est qu'une partie de la solution

Au cours de la dernière décennie, dit Montpellier, RHIM a observé un mouvement important des sociétés minières qui investissent en capitaux, en machinerie encore plus grosse et en technologie encore plus complexe pour réduire leur dépendance à la main-d'œuvre.
« Quand arrivent de nouvelles technologies, nous voyons un mouvement important dans le niveau et le type de compétences requises dans le secteur minier », dit Montpellier, « Par exemple, le nombre de diplômés universitaires qui travaillent dans le secteur minier a doublé au cours des 15 dernières années. »

Les sociétés minières engagent plus de travailleurs spécialisés pour opérer cette complexe technologie, plus de scientifiques informatiques, d'analystes de données, de programmeurs, d'ingénieurs et de technologues de toutes les disciplines que jamais dans le passé. Des ouvriers moins qualifiés seront toujours nécessaires, mais le RHIM a enregistré une augmentation du nombre de personnes hautement qualifiées.

« Quels sont les postes les plus vulnérables ? » dit Montpellier, « Certains travailleurs sont plus à risque d'être déplacés et un plus grand nombre de postes d'entrée vont requérir un minimum de formation postsecondaire. Les opérateurs de machinerie lourde, les travailleurs des mines et les opérateurs de machinerie seront peut-être les plus susceptibles d'être plus facilement déplacés.

Un pipeline qui fuit

L'évolution de l'exploitation minière a créé une nouvelle et large brochette d'emplois, plus expressément pour les techniciens qualifiés. Ces techniciens n'ont pas nécessairement besoin d'opérer la machinerie lourde avec leurs mains ou leur force physique, mais peuvent le faire à distance dans un environnement de bureau convenant à une diversité de travailleurs. Toutefois, c'est une image dépassée de l'exploitation minière qui demeure l'obstacle le plus important au recrutement de nouveaux talents.

Aux écoles primaire et secondaire, bien peu d'enfants nomment le secteur minier comme leur premier choix de carrière. Au niveau postsecondaire, l'inscription est fortement influencée par la nature d'essor et de récession cyclique de l'industrie.

« Quand les temps sont bons, nous voyons une corrélation directe entre les tendances à l'inscription dans les programmes postsecondaires qui ont trait à l'exploitation minière, comme le génie minier, les sciences de la terre, les programmes apparentés aux géosciences, et les programmes de technologie minière », dit Montpellier, « Mais l'inscription traverse différents cycles, tout comme l'industrie. Les quatre ou cinq dernières années ont été difficiles pour l'industrie minière et nous avons vu plusieurs programmes se débattre avec l'inscription.

Quand l'industrie rebondit et entre dans une période d'essor, les sociétés minières trouvent que les nouveaux diplômés ne sont pas là. RHIM et d'autres cherchent des moyens de mieux soutenir un pipeline plus constant au lieu de perdre des cohortes entières d'étudiants qui abandonnent leurs qualifications minières quand ils n'arrivent pas à trouver du travail après avoir décroché leur diplôme. Pour soutenir les coopératives à travers le cycle d'études, le programme « Gearing Up" » (Trad.: « On se prépare ») octroie une subvention salariale qui peut atteindre 7 000 $ pour les employeurs miniers qui créent de nouvelles occasions d'apprentissage intégré au travail pour les étudiants des programmes de science, technologie, ingénierie ou mathématique (les emplois STIM), ou les programmes d'administration des affaires. Ces occasions d'apprentissage par l'expérience peuvent inclure les coopératives, les stages, les stages pratiques, les projets appliqués, les projets de couronnement ou des concours de cas.

Conserver le personnel

« L'industrie minière a des problèmes uniques de conservation du personnel », dit Montpellier, « Dans certains cas, des entreprises ont un dossier fantastique et leurs taux de roulement sont très bas, et d'autres ont tendance à avoir un problème de conservation beaucoup, beaucoup plus grave avec la conservation de certains groupes clés de leurs effectifs. »

Quand les mines sont situées près des zones urbaines qui ont surgi près des exploitations minières, comme Timmins en Ontario ou Val d'Or au Québec, les travailleurs peuvent vivre et travailler dans la même ville. Ces entreprises minières ont tendance à montrer de haut taux de conservation. Sur les sites éloignés, où les travailleurs voyagent en navette aérienne toutes les quelques semaines, la recherche de RHiM a démontré que les taux de roulements de ces sites sont sensiblement plus élevés.

RHiM a aussi déterminé que les femmes sont deux fois plus susceptibles de quitter le secteur que les hommes et que des barrières importantes s'érigent en exploitation minière quand il s'agit d'attirer, de recruter et de conserver les groupes sous-représentés, comme les femmes, les peuples autochtones et les nouveaux Canadiens. M. Montpellier, qui travaille dans le secteur depuis environ 15 ans, a déclaré avoir constaté une augmentation considérable du nombre de sociétés minières s'efforçant de bâtir des milieux de travail plus inclusifs grâce à des politiques relatives à la diversité, et à de nouvelles façons de recruter, développer et encourager les travailleurs de l'industrie minière.

« Nous n'avons pas nécessairement récolté tous les avantages de ces efforts, » dit Montpellier. « Il faut remarquer que la diversité est une chose qui prend du temps, mais j'ai vu beaucoup d'efforts par les sociétés minières si on compare à il y a 10 ans. »

Participation des Autochtones

L'exploitation minière est un des plus importants employeurs de personnes autochtones du Canada, employant environ 15 000 travailleurs autochtones.Note de bas de page 1 Ce nombre représente juste un peu plus de sept pour cent du nombre de la main-d'œuvre totale du secteur minier canadien dans son ensemble, lequel est d'environ quatre pour cent.

« Le secteur minier a été à l'avant-garde des ententes sur les répercussions et les bénéfices (ERB) » a déclaré Montpellier, « ils ont été à l'avant-garde de la réconciliation économique et chez de nombreuses communautés autochtones, la participation à l'industrie minière suscite un réel intérêt à aider de manière significative leur communauté et leurs membres à se sortir de la pauvreté. »

Le RHiM a constaté que de plus en plus de sociétés minières associaient des communautés autochtones locales à des activités minières et allaient au-delà de l'emploi et se procuraient leur approvisionnement de firmes autochtones et, dans certains cas, leur accordaient des participations dans des activités minières. Toutefois, dit Montpellier, il y a encore beaucoup de travail à faire.

Outils et ressources

L'équipe de recherche du RHiM travaille à mieux comprendre les obstacles qui nuisent à l'intérêt, au recrutement et à la conservation des groupes sous-représentés dans le secteur minier. Le RHiM a créé plusieurs trousses d'outils, des recommandations et des guides pour aider les entreprises à évoluer et à devenir plus diversifiées et plus inclusives. Il est essentiel d'inclure l'ensemble du marché du travail pour aider l'industrie minière à accéder à un bassin plus important de talents pour pourvoir les 100 000 postes qui deviendront disponibles au cours de la prochaine décennie.

« Il y a quelques années, nous avons publié notre série « Faire l'alliage des talents pour renforcer le secteur minier ». Cette série de quatre rapports avait pour objectif spécifique d'attirer ou de définir les obstacles uniques à la participation des femmes, des peuples autochtones et des nouveaux Canadiens et à déterminer quels programmes uniques pouvaient être instaurés pour aider à régler la situation et augmenter la participation de ces groupes sous-représentés. »

Pour en savoir plus sur les programmes du CRHiM (Liens hypertextes) :

  • Gender Equity in Mining Works 'GEM Works' (Trad.: La parité des sexes dans le secteur minier, ça marche! » aide l'industrie minière à questionner et à atténuer les obstacles systémiques involontaires qui existent pour les femmes dans les milieux de travail miniers.
  • Mining Essentials, (Trad: les Must de la Mine) un programme de formation sur les compétences de base et la préparation au travail, a été mis sur pied par RHiM et l'Assemblée des Premières nations. Le programme pré-emploi pour les jeunes autochtones pour les aider à se diriger vers des carrières dans le secteur minier.
  • Mining Professional Immigrant Network (Trad: Réseau des immigrants professionnels du secteur minier) aide les nouveaux Canadiens de l'Ontario à réseauter avec des professionnels du secteur minier partageant les mêmes idées et à assumer les rôles importants pour lesquels ils ont été formés dans leur propre pays.
  • ENSEMBLE: Mining Diversity Network, (Trad. : Réseau de la diversité de l'industrie minière) est un portail en ligne qui rassemble des centaines de personnes pour partager des pratiques optimales, poser des questions, discuter de sujets tels que la diversité et l'inclusion et apprendre de leurs pairs.
MiHR's definition of the mining industry is different than other organizations.

Le RHiM a une définition de l'industrie minière qui diffère de celle d'autres organismes. Comme sa définition exclut certaines entreprises de fabrication en aval et l'emploi indirect généré par les activités minières, le Conseil arrive à une estimation plus basse des emplois dans le secteur.