Les mines ne sont plus ce qu’elles étaient à l’époque de vos grands-pères

La technologie et l’innovation rendent le secteur minier plus durable de cinq façons

 

Lorsqu’on demande aux Canadiens et aux Canadiennes à quoi ressemble une mine, beaucoup imaginent une grande fosse remplie de camions faisant du bruit et rejettant des vapeurs de diesel et de la poussière dans l’air. Quant à l’idée qu’ils se font des mineurs, elle est souvent celle d’hommes d’un certain âge au visage sale et à la barbe embroussaillée, qui travaillent avec des outils manuels, à l’étroit et dans l’obscurité. Chaque jour, ces images s’éloignent de plus en plus de la réalité. Comme l’affirme la Mining Association of Nova Scotia : « L’industrie minière n’est plus ce qu’elle était à l’époque de vos grands-pères » [traduction].

De nos jours, les mines utilisent un éventail de technologies, comme l’apprentissage machine, les superordinateurs, l’automatisation, les capteurs de surveillance et l’intelligence artificielle, afin de réduire l’empreinte environnementale du secteur minier. En misant sur des sources d’énergie renouvelable et en réduisant, réutilisant et recyclant l’eau utilisée sur les sites, les sociétés créent des mines écoresponsables qui produisent les minéraux et métaux nécessaires pour bâtir un avenir où les émissions de carbone seront faibles.

Les mines canadiennes et les sociétés minières canadiennes qui exercent leurs activités à l’étranger sont régies par des règlements environnementaux stricts et ont une conscience sociale qui les pousse à construire de nouvelles mines plus évoluées, plus sécuritaires et plus propres que celles d’avant. Voici cinq façons par lesquelles le secteur minier devient plus durable.

No 1 – Nouvelles sources d’eau

L’eau est une ressource précieuse et limitée. Chaque année, les mines utilisent des centaines de millions de litres d’eau pour traiter et extraire le minerai, créer des installations de stockage des stériles et des résidus, refroidir et laver la machinerie, ainsi que limiter la poussière produite. Souvent, dans les pays et les régions où les ressources en eau sont limitées, les secteurs minier et agricole se disputent ces ressources.

Par conséquent, les sociétés minières délaissent les sources d’eau fraîche et potable au profit d’autres sources d’eau qui pourraient ne pas convenir au secteur agricole ou qui sont impropres à la consommation humaine, mais qui peuvent être utilisées dans des exploitations industrielles. Elles trouvent aussi de nouvelles façons ingénieuses de réduire, réutiliser et recycler l’eau utilisée sur les sites.

À la suite de la suggestion d’un leader communautaire, la société minière internationale Freeport-McMoRan a construit une usine de traitement des eaux usées qui traite 85 pour cent des eaux d’égout de la ville d’Arequipa, la deuxième plus grande ville du Pérou. Environ la moitié de l’eau traitée est utilisée dans des activités d’exploitation minière et le reste est déversé dans le Rio Chili afin d’être accessible aux agriculteurs de la région d’Arequipa. Pour en savoir plus sur ce projet, consultez l’étude de cas du Canadian International Resources and Development Institute (en anglais seulement).

No 2 – Mines écoresponsables

L’empreinte environnementale d’une mine se mesure principalement par la quantité de gaz à effet de serre qu’elle émet et la quantité d’eau et de combustible fossile qu’elle utilise. Plus la mine est profonde, plus le montant d’énergie requis est grand. Les mines ont besoin d’énergie pour l’abattage à l’explosif, le roulage, le concassage, l’aération et le traitement, et les principales sources d’énergie utilisées par celles-ci au Canada sont le carburant diesel et l’électricité.

Véhicule électrique souterrain à la mine Borden.

La conversion des camions et de l’équipement diesel à un système d’alimentation par batterie diminue de façon importante l’empreinte des exploitations minières en réduisant les émissions et la nécessité de gros systèmes d’aération pour extraire les émissions des mines souterraines et y faire entrer de l’air.

La société d’exploitation aurifère canadienne Goldcorp est en train de construire la première mine souterraine entièrement électrique au Canada à son projet du lac Borden près de Chapleau, en Ontario. De l’autre côté de la frontière, la société québécoise Nouveau Monde Graphite espère être la première à construire une mine à ciel ouvert entièrement électrique avec une empreinte carbone nulle. Les travaux de ce projet à Matawinie devraient commencer au milieu de l’an 2020.

 

No 3 – Extraction consciencieuse

Chaque pelletée de roches retirées du sol d’un site minier contient une petite quantité de minerai et beaucoup de résidus. Une importante quantité d’énergie, d’eau et d’efforts sont utilisés sur les sites miniers pour déplacer, traiter et stocker les résidus.

Pour rendre les activités d’exploitation plus efficaces, on se sert de technologies novatrices pour distinguer le minerai des résidus au moyen. Ces technologies comprennent des robots souterrains construits sur mesure pour localiser le minerai et l’extraire de façon sélective ainsi que des appareils qui balaient la roche en transit entre la mine et l’usine de traitement pour « séparer le bon grain de l’ivraie ».

La société minière canadienne Teck Resources s’est associée à une autre société canadienne, MineSense, pour faire l’essai d’un capteur pour godet de pelle rétrocaveuse à la mine Highland Valley Copper, en Colombie-Britannique. Les capteurs installés sur le godet de la pelle utilisent des rayons X pour distinguer le minerai des résidus. Le contenu de la pelle est ensuite envoyé à l’usine de traitement ou à l’installation de stockage des résidus, selon le cas. Pour en savoir plus sur cette technologie, consultez l’article de Teck (en anglais seulement).

No 4 – Élimination intelligente des déchets miniers

La qualité de l’eau après son passage dans un site minier est inquiétante du point de vue social et environnemental, en particulier pour les collectivités et les écosystèmes avoisinants. Les mines de pays développés comme le Canada doivent respecter des règlements stricts au moment de retourner l’eau dans l’environnement et empêcher tout rejet accidentel d’eaux de traitement potentiellement contaminées.

Les eaux traitées servent à stocker les roches broyées, soit les « restes » de roches une fois que la portion contenant le minerai a été séparée durant le traitement. Les eaux et les roches forment une boue qui est stockée dans des réservoirs naturels ou artificiels qu’on appelle des installations de stockage. Les ruptures de grandes installations de stockage de stériles ainsi que le désir d’utiliser moins de ressources et de réduire l’empreinte hydrique des mines incitent l’industrie minière canadienne et internationale à trouver de meilleures façons de stocker les stériles.

La société d’exploitation aurifère canadienne Goldcorp est en train d’élaborer un système de gestion des stériles qui n’exige aucune couverture d’eau. EcoTailsMC mélange les stériles filtrés aux résidus afin de produire une boue épaisse suffisamment stable pour former des « pyramides » de stériles secs en utilisant beaucoup moins d’eau fraîche, ce qui permet de réduire l’empreinte environnementale globale de la mine. Pour en savoir plus sur ce système, consultez l’entrée de blogue de Goldcorp (en anglais seulement).

Photo : Jose Luis Valverde Ortiz, chef de la gestion des eaux, Freeport McMoRan.
 

No 5 – Remise en état de haute technologie

Les sociétés minières sont obligées de remettre en état les zones perturbées par leurs activités d’extraction. Bien que les pratiques d’assainissement des sites miniers ne se limitent plus à la réparation du paysage, l’évaluation et la restauration de la riche biodiversité d’un site qui a été perturbé peuvent s’avérer une tâche difficile.

Photo : Centre for Biodiversity Genomics

Certaines sociétés minières exploitent le pouvoir de la génomique, une science combinant la biologie, la génétique et l’informatique et qui permet d’examiner en détail l’ADN de tous les êtres vivants, afin de surveiller et de rétablir la biodiversité pendant les travaux de remise en état des sites.

La société minière canadienne New Gold Inc. a récemment collaboré avec des chercheurs de l’Université de Guelph, en Ontario, afin d’explorer les possibilités offertes par les outils de génomique dans la remise en état de sites à leur mine de cuivre et d’or à New Afton, au centre de la Colombie-Britannique. La biodiversité d’un site remis en état et d’un site non perturbé à proximité est établie en envoyant les divers insectes et araignées capturés à l’aide de pièges simples au laboratoire qui effectue le séquençage de l’ADN de prochaine génération. Cette technique permet d’obtenir une vue d’ensemble des bestioles de chaque site et de les comparer pour orienter les activités de remise en état. Pour en savoir plus sur cet outil de génomique, consultez l’article de CIM Magazine.

Le secteur minier est un secteur en évolution qui fait preuve d’innovation et utilise la technologie pour créer des façons durables de fournir les minéraux et les métaux nécessaires pour bâtir un avenir à faibles émissions de carbone. Le chemin à parcourir est long, mais une chose est sûre, l’image des mines de l’époque de vos grands-pères disparaît avec le temps.


Pour connaître d’autres faits intéressants sur les mines et les minéraux, consultez la page Informations sur l’industrie minière.