Du noir au vert, en passant par toutes les nuances : un musée à flanc de falaise explore la façon dont les ressources naturelles ont façonné la culture du Canada

Faites une visite virtuelle du musée des falaises fossilifères de Joggins dans la baie de Fundy, en Nouvelle-Écosse, qui sont classées par l’UNESCO, pour célébrer la Journée internationale des musées de 2018 #Journeeinternationaledesmusees #IMD2018 (en anglais)#MuseumDay #IMD2018

Perché sur une falaise surplombant la baie de Fundy trône un des bâtiments les plus verts de la Nouvelle-Écosse. À son achèvement, en 2008, le musée des falaises fossilifères de Joggins a reçu une certification Leadership in Energy and Environmental Design (LEED) de niveau or du Conseil du bâtiment durable du Canada. Alimenté par la plus récente technologie verte, notamment des panneaux solaires et une éolienne, le bâtiment est érigé sur l’emplacement d’une des plus anciennes mines de charbon du Canada.

Madame Melissa Grey, Ph. D., conservatrice de la paléontologie au Joggins Fossil Cliffs Centre, aime bien préciser aux visiteurs ce rapprochement apparemment improbable entre le bâtiment écologique et l’ancienne mine d’anthracite au sommet de laquelle il est construit. Le contraste met en évidence le rôle important joué par l’exploitation minière dans la naissance de nombreuses villes canadiennes.

 

« Joggins était une ville florissante de quelque 5 000 habitants lorsque les mines de charbon étaient ouvertes. Alors, d’un point de vue culturel, cela a eu d’énormes répercussions sur cette partie du monde, affirme madame Grey. Sans exploitation minière, il n’y aurait pas eu de ville à cet endroit. C’est fascinant de retracer le parcours naturel de la formation du charbon, dans des tourbières, il y a 300 millions d’années, de même que celui de la création de villes et de leur aménagement. »

Une visite des falaises fossilifères de Joggins n’a rien de commun avec une visite habituelle au musée. L’expérience commence au Joggins Fossil Cliffs Centre, trônant au sommet des falaises, où sont exposés des fossiles vieux de 300 millions d’années, de même que l’histoire des plus de 150 ans d’exploitation de mines de charbon. Mais le point culminant pour la plupart des visiteurs demeure la descente sur la plage. À marée basse, bien sûr, des visites à pied guidées permettent aux visiteurs de prendre toute la mesure du récit, exposé sur les falaises

“« Tous les fossiles datent de la période du Carbonifère tardif, il y a plus de 300 millions d’années, plus précisément de 310 à 325 millions d’années, indique madame Grey. À ce moment-là, Joggins était situé près de l’équateur et son environnement était vraisemblablement un genre de forêt tropicale humide avec une grande biodiversité de plantes, notamment des fougères, les premières formes de prêles, des lépidodendrons et des ancêtres des conifères. La découverte du plus ancien reptile de la chronique des fossiles s’est faite à Joggins. »

Les gigantesques tourbières de l’époque et la façon dont elles ont été enfouies regroupaient les conditions idéales pour la préservation de fossiles et la formation de charbon. L’exploitation minière a commencé à Joggins en 1847, même si certains écrits font remonter à plus d’une centaine d’années plus tôt l’utilisation du charbon par les Acadiens. L’ouverture de la mine no 7 de Joggins (Shore), la première mine de charbon immergée au Canada qui se trouve sur le site actuel du Joggins Fossil Cliffs Centre, remonte à 1905. Toutefois, l’exploitation des mines de charbon à Joggins est devenue non rentable en raison des grandes impuretés du produit et de filons houillers plus généreux et faciles à exploiter à proximité du cap Breton. La mine Bayview (Green Crow), la dernière mine exploitée à Joggins, a fermé en 1962.

Monsieur Don Reid, houilleur local et paléontologue autoproclamé, a fait don de plus de la moitié des fossiles du musée à son ouverture en 2008. Lui qui a travaillé sous terre la moitié de sa vie est ensuite devenu un assidu visiteur du musée, en surface, jusqu’à son décès, en 2016, à l’âge de 95 ans. Les falaises fossilifères sont devenues un site du patrimoine mondial de l’UNESCO en 2008, après que monsieur Reid et d’autres passionnés ont aidé à démontrer son extraordinaire valeur universelle en tant que meilleur endroit sur Terre pour observer le paysage terrestre du Carbonifère tardif. .

De nos jours, le Joggins Fossil Institute (un organisme de bienfaisance sans but lucratif) qui est cogestionnaire du site avec la province de la Nouvelle-Écosse, accueille 20 000 visiteurs par année.

« Nous tentons d’aider les gens à comprendre l’importance des industries liées aux ressources naturelles, comme l’exploitation du charbon, mais aussi notre passage par différentes formes d’énergie, comme l’éolienne et les panneaux solaires que nous avons installés au centre, poursuit madame Grey. Nous sommes tous des habitants de ce monde et devons comprendre d’où proviennent nos ressources et les répercussions qu’elles ont sur l’environnement. L’industrie énergétique évolue et, en tant que consommateurs, nous devons savoir où sont puisées les matières qui servent à générer de l’énergie afin de faire des choix éclairés. »

« Des établissements éducatifs comme le nôtre ont un rôle à jouer dans cette compréhension de la gestion et de l’utilisation des ressources. »

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Pour connaître d’autres faits intéressants sur les mines et les minéraux, consultez la page Informations sur l’industrie minière.