Domaine d’intérêt possible : Susciter l’innovation

L’innovation est un ingrédient clé du succès de l’industrie des minéraux et des métaux. L’exploitation minière nécessite des processus complexes, l’utilisation de gros équipements et machineries dispendieux et l’exploration de superficies considérables. L’innovation dans ces deux secteurs pourrait améliorer l’efficacité, diminuer les coûts et maximiser l’extraction.

Bien que le territoire canadien dispose de ressources minérales abondantes, les gisements en production s’épuisent et les sociétés minières se tournent de plus en plus vers des régions éloignées et des gisements plus profonds. De plus, la libération du potentiel minier du Canada nécessite de la recherche, des développements et des investissements dans les technologies adaptées aux climats froids. L’innovation permettrait de relever ces défis tout en réduisant l’empreinte de l’industrie.

Le Canada est un chef de file dans l’innovation minièreNote de bas de page 1 ce qui comporte un certain nombre d’avantages tels que l’effectif hautement qualifié qui possède de l’expertise dans les technologies d’extraction et les sciences géologiques et biologiques. Le Canada dispose d’un solide système de recherche et développement qui comprend des centres d’excellence universitaires et qui fournit des idées novatrices et des connaissances pertinentes au secteur des ressources naturelles. Il a également un climat d’investissement ouvert et le deuxième plus faible taux d’imposition marginal du G7 pour les investissements dans les nouvelles entreprisesNote de bas de page 2 .

L’innovation peut inclure l’élaboration et l’adoption de technologies propres. Elles sont définies comme des produits, des processus ou des services conçus pour restaurer ou éviter les répercussions sur l’environnement, ou encore des produits, des processus ou des services moins polluants ou plus écoefficaces que des « produits normaux » équivalents. Les sociétés minières adoptent des technologies propres pour améliorer l’efficience et réduire les répercussions environnementales des activités minièresNote de bas de page 3 . Par exemple, les combustibles fossiles, particulièrement le diesel, sont le principal combustible des opérations minières. La transition vers de l’équipement diesel plus propre et l’adoption d’équipement électrique et alimenté par pile peuvent améliorer l’efficacité énergétique, être moins polluantes et avoir des coûts d’entretien plus faibles.

L’intelligence artificielle (IA) est un autre exemple d’innovation ayant des répercussions sur l’exploitation minière. L’IA comprend « l’apprentissage machine » où l’équipement minier peut exécuter des tâches de plus en plus complexes, incluant des activités de traitement difficiles et dangereuses. Il comprend également la gestion et la transmission de grandes quantités de données et la prise de décisions de nature opérationnelle.

L’industrie montre la voie

  • La mine de diamants Diavik de Rio Tinto située dans les Territoires du Nord Ouest dispose de l’équipement d’énergie hybride de couplage éolien-diesel le plus important à l’échelle planétaire.
  • Glencore exploite une éolienne de 3 mégawatts et des capacités de stockage de pointe dans sa mine de nickel Raglan dans le Nord du Québec.
  • SunMine, en Colombie Britannique, transforme l’une des plus grandes mines de plomb et de zinc au monde en projet solaire le plus important dans l’Ouest canadien.

Défis

Les sociétés minières subissent des pressions pour créer de la valeur pour l’actionnaire à court terme, alors que les avantages de l’innovation peuvent prendre plus du temps. De plus, les coûts liés aux investissements en innovation sont importants. Une seule pièce d’équipement peut coûter plus d’un million de dollars, les opérations minières nécessitent des milliers de pièces d’équipement qui fonctionnent souvent 24 heures par jour et les nouvelles façons de faire des affaires exigent des ressources pour l’acquisition de compétences et de la formation. L’obtention de financement pour de l’équipement nouveau ou non éprouvé peut également être difficile. À ce titre, il se peut que les sociétés minières soient prudentes dans leur investissement en innovation.

Un autre défi touche à la fragmentation de l’écosystème d’innovation. La Chambre de commerce du Canada estime qu’il y a plus de 4 000 programmes de recherche, de développement et d’innovation et quelque 40 organismes de recherche minière au CanadaNote de bas de page 4. La collaboration entre un aussi large éventail de programmes et d’intervenants est difficile, ce qui réduit les efforts collectifs visant à élaborer et à adopter des produits et des processus innovateurs.

Les nouvelles technologies telles que l’IA et l’automatisation sont très prometteuses en ce qui concerne l’amélioration de l’efficacité et de la production de l’industrie minière, mais soulèvent également des questions relativement à leur effet sur les exigences en matière de compétences, les travailleurs et les collectivités. Les entreprises et les travailleurs auront à s’adapter à de nouvelles conditions à la suite de l’adoption de l’innovation.

L’établissement de mécanismes de tarification du carbone, tels qu’une taxe sur le carbone ou un programme de plafonnement et d’échange, pourrait inciter à réduire les émissions et stimuler l’innovation. Cependant, certains craignent que l’industrie minière canadienne, considérée comme « touchée par les échanges et rejetant de grandes quantités d’émissions », soit assujettie à des coûts supplémentaires découlant des mécanismes de tarification du carbone et que les opérations dans les climats nordiques qui comptent sur le diesel soient touchées de manière disproportionnée.

Points de discussion :

  • Comment le Canada peut-il profiter de son expertise en matière de technologie propre pour devenir un chef de file mondial dans le domaine de l’exploitation minière durable?
  • Comment pouvons-nous trouver l’équilibre entre les avantages que peuvent représenter les technologies émergentes (p. ex. IA et automatisation), et leurs répercussions sur les travailleurs et les collectivités?

L’IA en action

La mine Red Lake de Goldcorp, en Ontario, utilise l’analytique cognitive Watson d’IBM pour analyser et résumer de grandes quantités de données.

Watson permet de combiner des données géologiques et de forage, des rapports de forage, des levés, des renseignements historiques et des données internes contenues dans les registres, rapports et études de traitement. Watson permet ensuite d’intégrer ces données aux connaissances sur le terrain des géologues et des ingénieurs afin de déterminer les cibles d’exploration les plus susceptibles d’être couronnées de succès.

Pour la prochaine étape, Goldcorp espère créer la première mine souterraine au Canada à être entièrement exploitée grâce à l’électricité d’ici 2019 à Borden (Ontario).

Notes de bas de page